Retour aux actualités
Actualité

Sud-Kivu : La société civile dénonce les violations des droits humains par Kinshasa et les rebelles du M23

Manasse
Publié le 02/01/2026 12:09
48 lectures
Sud-Kivu : La société civile dénonce les violations des droits humains par Kinshasa et les rebelles du M23

Leaderboard 728 × 90

Dans un message de Nouvel An sans concession, le bureau de coordination de la société civile du Sud-Kivu a vivement critiqué, ce 2 janvier 2026, le gouvernement congolais et les rebelles de l'AFC/M23 pour leur responsabilité dans les souffrances de la population.

Signé par sa présidente, Me Nene Bintu, la déclaration met en lumière les violations systématiques des droits humains qui persistent à l'Est de la République Démocratique du Congo. « De nombreux Congolais n'ont même pas eu le privilège de fêter, déplacés en brousse ou dans des familles d'accueil, leurs champs détruits, vivant l'exil ou la douleur d'être loin des leurs », déplore-t-elle.

La société civile souligne une répression similaire des libertés fondamentales dans les deux camps. Dans les zones contrôlées par la rébellion du M23, soutenue par le Rwanda selon Kinshasa, la liberté d'expression, de manifestation et de réunion serait interdite. Parallèlement, des opposants au régime de Kinshasa vivraient dans la crainte de représailles, certains étant contraints à l'exil.

Le contraste entre les célébrations des puissants et la misère populaire est vivement dénoncé. « Pendant que des feux d'artifice illuminaient Bukavu le 31 décembre, des citoyens étaient fouettés dans des cachots secrets ou mouraient sans défense », affirme Me Bintu. Elle évoque également des traitements similaires dans certaines prisons de Kinshasa.

La déclaration fustige les dépenses somptuaires des autorités. « Les champagnes coulent à flots à Kinshasa et la plupart des autorités sont allées festoyer à l'étranger, dilapidant l'argent du trésor public, en oubliant la misère du Kivu, de l'Ituri, du Mai-Ndombe, du Kwango et du Kwilu », accuse-t-elle.

La société civile s'interroge sur l'impasse sécuritaire et politique : les défaites des FARDC et des Wazalendo, les violations répétées des accords de paix de Doha et de Washington, et le blocage du dialogue national. « Toute initiative de paix est sabotée ou relativisée, y compris la souffrance du peuple », constate amèrement l'organisation.

Elle regrette également que la démarche de l'ancien président américain Donald Trump, pour laquelle elle lui souhaitait le prix Nobel de la paix, n'ait pas été suivie d'effets concrets.

Les journalistes, animateurs de la société civile et défenseurs des droits humains subiraient des moments difficiles tant dans les zones « libérées » que sous contrôle gouvernemental.

En conclusion, le message reprend un extrait de la lettre écrite par Patrice Emery Lumumba en prison, à l'approche du mois de janvier consacré aux martyrs de la nation (4, 16 et 17 janvier).

Un appel final est lancé aux rebelles et aux autorités de Kinshasa : laisser la société civile travailler en toute indépendance, cesser la guerre et bâtir le Congo en rejetant le tribalisme et les antivaleurs qui gangrènent la société.

Josué Mufula

Commentaires

Connectez-vous pour participer à la discussion.

Kinshasa

25°C

Ciel dégagé

USD → CDF

2,850

Taux de change officiel