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RDC : Le Conseil interreligieux (CIC) exige une commission vérité avant tout dialogue national

Manasse
Publié le 25/02/2026 23:11
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RDC : Le Conseil interreligieux (CIC) exige une commission vérité avant tout dialogue national

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Face à une crise politique et sécuritaire qui perdure, le Conseil interreligieux congolais (CIC) avance une proposition audacieuse : aucun dialogue national inclusif ne devrait se tenir sans la mise en place préalable d'une commission vérité et réconciliation. Portée par l'archevêque Dodo Kamba, cette initiative cherche à poser des bases éthiques à la résolution des conflits qui déchirent le pays, notamment à l'Est.

Lors d'une tournée de persuasion auprès des formations politiques, le CIC a présenté son projet à la Nouvelle Génération pour l’Émergence du Congo (NOGEC), ce mercredi. La formation de l'ancien ministre Constant Mutamba, actuellement incarcéré, a accueilli favorablement l'idée. Son président par intérim, le député Van Walesa Kapenda, a estimé qu'une telle initiative, si elle avait été lancée plus tôt, « aurait évité peut-être beaucoup de cas que nous déplorons ici dans notre pays ».

« C’est émouvant et c’est très encourageant », a réagi l'archevêque Dodo Kamba, saluant ce soutien comme un signe de la nécessité d'une décrispation politique. La NOGEC a toutefois profité de l'occasion pour soumettre ses « préoccupations » concernant la situation de son leader. Le CIC s'est engagé à intégrer ces doléances dans un rapport à remettre « à qui de droit », endossant un rôle de canal de dialogue.

Le positionnement du CIC est clair : se présentant comme un acteur complémentaire aux efforts du Président de la République, il estime qu'un dialogue incluant des acteurs ayant pris les armes ne peut avoir lieu sans un mécanisme préalable de vérité et de justice transitionnelle. S'inspirant explicitement du modèle sud-africain, Israël Dodo Kamba argue que cette séquence est indispensable pour éviter de légitimer la violence comme mode d'expression politique.

« Un tel mécanisme pourrait inciter les fautifs à reconnaître leurs torts, à demander pardon et à contribuer à l’instauration d’une paix durable », avance-t-il.

Cette croisade pour la réconciliation soulève cependant des questions sur son impact réel dans le contexte de la guerre à l'Est, où l'AFC/M23, soutenue par Kigali selon Kinshasa, administre de facto des territoires. La proposition du CIC touche à l'épineuse question de la légitimité des belligérants à la table des négociations. En faisant de la commission vérité un sas de décontamination politique, le Conseil tente d'imposer une conditionnalité morale à un processus qui reste avant tout un rapport de force. Cette initiative peut-elle infléchir la dynamique d'un conflit où les initiatives diplomatiques traditionnelles patinent ? La tournée de l'archevêque Dodo Kamba se poursuit pour recueillir les attentes des autres acteurs politiques.

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