À l'ONU, la RDC démonte l'argument rwandais de « protection communautaire »
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Devant le Conseil des droits de l'homme des Nations unies à Genève, la République démocratique du Congo a porté une charge diplomatique d'une rare fermeté contre le Rwanda. La délégation congolaise, conduite par la ministre Thérèse Kayikwamba, a catégoriquement rejeté l'argument de « protection communautaire » avancé par Kigali pour justifier son implication dans l'Est de la RDC.
Kinshasa a qualifié cette justification de simple « prétexte politique », un paravent destiné à légitimer ce qu'elle considère comme une agression caractérisée et une violation flagrante de sa souveraineté nationale. La déclaration, lue dans l'enceinte genevoise, marque un nouveau tournant dans le conflit qui oppose les deux pays depuis des décennies.
La ministre Kayikwamba a martelé un principe fondamental du droit international : « La sécurité des populations congolaises relève exclusivement des institutions nationales ». La RDC réaffirme ainsi son monopole de la violence légitime sur l'ensemble de son territoire, rejetant toute ingérence extérieure sous couvert d'humanitarisme.
Le cœur de l'accusation congolaise repose sur une distinction cruciale : toute préoccupation légitime pour la protection des civils doit s'exprimer et se résoudre par les canaux multilatéraux existants, et non par l'unilatéralisme militaire. « Toute préoccupation doit s'inscrire dans le strict respect du droit international », a rappelé la ministre.
Cette position place la diplomatie congolaise sur le terrain du droit, un terrain qu'elle estime plus solide que celui des accusations croisées. En brandissant le droit international, Kinshasa cherche à isoler diplomatiquement Kigali en exposant le fossé entre ses déclarations et ses actions sur le terrain dans les provinces du Kivu.
Ce rejet catégorique intervient dans un contexte où les tensions régionales en Afrique centrale atteignent un paroxysme inquiétant. La situation sécuritaire dans l'Est de la RDC demeure explosive, alimentée par la présence de groupes armés aux affiliations complexes.
La virulence de la déclaration congolaise traduit une frustration accumulée face à ce qui est perçu à Kinshasa comme une forme d'impunité diplomatique. En saisissant la tribune du Conseil des droits de l'homme, la RDC utilise une arme procédurale pour contrer ce qu'elle considère comme une avancée stratégique de son adversaire.
L'enjeu dépasse la simple dénonciation : il s'agit de façonner le récit du conflit et de préserver le principe de souveraineté nationale, pilier de la Charte des Nations Unies, que la RDC estime menacé par la rhétorique rwandaise.
