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Denis Mukwege dénonce les accords de Washington et Doha comme des instruments d'intérêts étrangers

Manasse
Publié le 30/11/2025 18:54
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Denis Mukwege dénonce les accords de Washington et Doha comme des instruments d'intérêts étrangers

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Dans une analyse publiée ce week-end, le Dr Denis Mukwege, Prix Nobel de la paix, formule de sévères critiques à l'encontre des processus de paix de Washington et de Doha. Selon le célèbre gynécologue congolais, ces initiatives seraient davantage le fruit d'intérêts étrangers motivés par des considérations géostratégiques que de réelles volontés de restaurer la légalité internationale dans la région des Grands Lacs.

Cette mise en garde intervient à un moment crucial : le président congolais Félix Tshisekedi s'apprête à signer un accord de paix avec son homologue rwandais Paul Kagame, ce jeudi 4 décembre à Washington.

**L'accord-cadre de Doha : une avancée en trompe-l'œil**

Pour Denis Mukwege, l'Accord-cadre de Doha, présenté comme une avancée significative, souffre de lacunes majeures. Il déplore l'absence de mécanismes contraignants, de calendrier précis, de garanties de mise en œuvre et de dispositions pour enrayer la culture de l'impunité. À ce jour, seuls deux des huit protocoles ont été paraphés : le Mécanisme de libération des détenus (14 septembre) et le Mécanisme de surveillance et de vérification du cessez-le-feu (14 octobre).

Le médecin de Bukavu relève une contradiction fondamentale : la signature de cet accord intervient alors que le Rwanda n'a pas retiré ses troupes du territoire congolais et continue de diriger les opérations du M23 dans les zones occupées, en violation flagrante de la résolution 2773 du Conseil de sécurité de l'ONU.

« La coalition du M23/AFC et leur parrain rwandais ont déjà violé le cessez-le-feu et poursuivent leurs activités offensives, illustrant une stratégie persistante du 'talk and fight' et du fait accompli », affirme Denis Mukwege.

**Le peuple congolais pris en étau**

Dans ce contexte volatile, la population congolaise se retrouverait prise entre le marteau et l'enclume, coincée entre un gouvernement congolais dont « l'irresponsabilité compromet la souveraineté nationale » et un Rwanda « stratège et criminel » qui instrumentaliserait la présence résiduelle des FDLR pour asseoir son contrôle sur les richesses naturelles du territoire congolais.

**Une illusion d'avancées diplomatiques**

Selon le « réparateur des femmes », ces accords créeraient l'illusion d'avancées diplomatiques sans modifier la réalité quotidienne de millions de Congolais déracinés, affamés et privés de leurs droits les plus fondamentaux. « Aucun agenda politique, qu'il soit national ou géostratégique, ne peut primer sur le droit du peuple congolais à la sécurité, à la justice et à la souveraineté », insiste-t-il.

**Les conditions d'une paix durable**

Mukwege reste formel sur les prérequis nécessaires : « Le retour de la paix dans l'Est de la République Démocratique du Congo exige l'adoption de sanctions fortes de la communauté internationale pour garantir le retrait des forces étrangères et le démantèlement des administrations parallèles illégitimes, conformément à la résolution 2773 du Conseil de Sécurité. »

Pour mettre fin à des décennies de violences, de déplacements forcés et d'exploitation, il estime impératif d'inclure pleinement les populations locales dans toutes les initiatives de paix, de reconnaître la dimension régionale du conflit et de privilégier une approche basée sur la vérité, la justice et la responsabilité.

Selon l'analyse du Prix Nobel, les conditions d'une sortie de crise juste et durable ne sont donc toujours pas réunies.

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